Starwax magazine

starwax magazine

chroniquesLivres

BRITISH ROCK 1965-1968 : SWINGING LONDON

BRITISH ROCK 1965-1968 : SWINGING LONDON

éditeurCastor Music

BRITISH ROCK 1965-1968 : SWINGING LONDON

Christophe Delbrouck, le grand spécialiste français de Frank Zappa, est respecté par les fans. Il comptabilise déjà trois grands ouvrages sur l’homme aux mille visages sonores. Cette fois-ci il nous fait découvrir, dans ce livre, les dessous du british rock. À la fin des fifties le rock ‘n’ roll, après avoir charmé les États-Unis, commence à gagner le Royaume-Uni, donnant naissance à ce qu’on appelle le rock anglais ou british rock, même si le terme est incorrect puisqu’on rassemble communément, sous ce nom, l’ensemble du rock britannique. Les chanteurs comme Cliff Richard, Tommy Steele, Billy Fury, Marty Wilde ou Adam Faith, ou groupes comme The Shadows imposent un style très proche de celui défendu par leurs idoles américaines, non sans talent souvent. Au début des années 1960, le Royaume-Uni voit naître une armada de groupes : The Beatles, The Who, The Rolling Stones, The Kinks, John Mayall & the Bluesbreakers, The Animals, The Dave Clark Five et, plus tard, Pink Floyd, Led Zeppelin, Black Sabbath… Rapidement ces groupes s’émancipent de leurs influences d’origine pour créer leur propre style. C’est le Swingin’ London. Les groupes britanniques s’imposent bientôt comme d’authentiques créateurs. Dans ce livre de 426 pages, l’auteur nous fait découvrir la bataille commerciale de l’industrie musicale américaine contre la scène british de 1965 à 1968, période charnière du précité Swinging London. Le terme fut lancé par le Time Magazine en 1966. Il fut utilisé par des journalistes américains pour expliquer pourquoi Londres était devenue la capitale de la culture pop et de la mode dans le monde. Son œuvre est divisée en quatre parties distinctes, essentielles pour comprendre cette période incontournable du rock. La première partie est un long chapitre très important, écrit avec beaucoup d’humour et d’anecdotes inédites, notamment sur le refus d’accorder les visas professionnels aux mythiques Rolling Stone, aux Animals ou encore aux Beatles, pour les Etats-Unis. C’est essentiellement à cause de documents douaniers que la guerre de l’industrie musicale s’opérait. La deuxième partie, consacrée justement au Swinging London, nous plonge dans le showbiz de l’époque. La troisième, Sergent Pepper, renvoie aux débuts de Jimi Hendrix, au triomphe des Beatles aux États-Unis. Enfin la quatrième partie, Révolution, nous refait vivre la révolution sexuelle et les mœurs de l’après-guerre. Pour finir il nous (re)fait découvrir les singles n°1 et les albums au top du hit parade anglais de cette période.

Le livre est, au début, certes est un peu difficile d’accès, peut être justement à cause du côté spécialiste et passionné de l’auteur qui passe beaucoup de temps à citer des dates de façon exhaustive. Cependant, au fur à mesure de la lecture, nous rentrons complètement en immersion dans cette page rebelle. Les débuts de Clapton et de Vangelis sont des petits bijoux historiques parfaitement reflétés par l’auteur. Cet ouvrage est également un témoignage édifiant sur l’évolution des mœurs, de la politique, dans la société britannique des années soixante. Autant de reflets des grandes tensions entre la nouvelle génération yéyé décomplexée et l’establishment. Conférencier et spécialiste en musique du vingtième siècle, professeur au conservatoire de Poitier, musicien bassiste depuis trente ans, Christophe Delbrouck nous fait voyager avec ce récit complet faisant suite à British Rock 1956-1964 : Le Temps Des Pionniers, sorti en 2013. À noter qu’il prépare un livre sur la soul partant du gospel jusqu’au premier disque de Michael Jackson produit par Quincy Jones, en 1979. Vivement recommandé. En attendant de prendre la route des festivals rock de cet été…

Par Dj Ness