Starwax magazine

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BREISS / INTERVIEW

BREISS / INTERVIEW

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A l’est de Paris, Meaux et ses alentours ont toujours été des sources de proposition de qualité en termes de hip-hop. Parmi elles, le label Coffee Break Records, du Val Mobb, propage régulièrement de bonne vibes depuis presque deux décennies. Leur nouvelle découverte est Kiydrah, une jeune chanteuse et compositrice de néo soul. Elle pose son flow en anglais, sur les beats jazzy de Breiss. A l’occasion de la sortie, il y a quelques jours, de « Simulation », nous avons rencontré le digger et beatmaker derrière les machines de cet Ep de huit titres.


Breiss, breizh… Coïncidence ou as-tu des origines bretonnes ?
(Rires) non aucune origine bretonne. Pour l’anecdote, on était avec mon acolyte Dust au concert de Roy Ayers et, quand il a signé mon skeud a la fin du live, au lieu de mettre « Brice » il a mis « Breiss ». Étant de loin mon artiste préféré, voila : il a choisit pour moi.

Ta première approche avec le hip-hop ?
Depuis tout petit je baigne dedans, j’ai un frangin plus vieux qui en faisait tourner en boucle. Le vrai déclic, ça a été les 90’s. La découverte des gros filtres, les samples de jazz qui me rendaient ouf… Lord Finesse, les Tribe, Gang Starr, Dred Scott, Jungle Brothers, Black Sheep, The Ummah, Buckwild et j’en passe.

Il y a quelques jours est sorti « Simulation », un l’album avec Kiydrah au chant. Kiff cet interview en écoutant le Ep via le player ci-dessous. Comment c’est passé la connexion sachant que presque deux décennies vous séparent et que sa galaxie est à plus de mille lieues ?
Ben écoute, elle m’a contacté en me disant qu’elle avait posée sur un instru à moi, « Martinique », sorti sur la compil « Picki People », produite par T-Love. J’ai trouvé ça plutôt cool. D’ailleurs, il est sur l’album « Times Like This », donc on a enchaîné sur ce mini Lp. Et elle a été super réactive.



En parlant de galaxie, celle d’où tu viens a plus d’un talent reconnu dans le hip-hop. As-tu connu Les Bledias de la Face Est ?
Pffff grave ! La bonne époque du rap français, la meilleure pour moi. Les Bledias, l’âme du raz war, sp6cimens rares… Les gars kickaient ça sale, avec des flows de ouf sur des grosses instrus 90’s. C’était à la mode et il y avait tout !

Dusty de MeauxTown via Jazz Liberatorz, c’est ton grand frère ou es-tu son ghost ?
(Rires). Le Dust, ben oui c’est la famille. Environ 25 ans de rides… Mon frangin de son. Il n’y a pas une personne avec qui je suis autant connecté musicalement. C’est lui et Ben qui m’ont fait découvrir vraiment le sampleur, justement sur les prods des groupes de Meaux citées précédemment. Et puis Dust a touché une MPC, je ne sais pas, vers 1998 ou 1999. J’ai kiffé sur la simplicité du truc parce que je ne suis pas geek du tout. Et il m’a rendu accro ! (Rires)

Peux-tu nous parler du processus de beatmaking et de production du disque ?
Tout est produit avec Logic et la MPC 2000. Après, tout le mix et le mastering, c’est mon bro Lyric Aka A Cat Called Fritz qui a fait le taf. Et le teaser aussi d’ailleurs ! Il a vraiment taffé et m’a poussé pour que ce projet sorte ! Gros big up le chat !!! Faut checker son taf, un vrai artiste pas assez reconnu au passage… Gros big up aussi à Tehar pour la pochette et au Dust pour le remix !

Quand tu as rencontré Kiydrah, ca ne t’as pas fait flipper de savoir quelle est texane et fille de militaire ! Ca fait beaucoup, non (rires) ?
(Rires) Non du tout, c’est l’avantage de ne pas parler anglais, je n’étais pas au courant !

Quelle est l’implication de Pickinniny Records de L.A ?
Aah Pickinniny c’est le label de ma grande sœur Taura, et je voulais ce projet en famille. Coffee Break, Pickinniny et Meauxtown.

Le disque sort sur Coffee Break Records, le label de Diggi. Tu as aussi produit pour son groupe Lemdi & Moax. Pourquoi ? Etes-vous des potes d’enfance ?
Non, Diggi on se connait depuis un peu plus de dix ans. Une machine ce mec !!! Vrai freestyler à t’en casser la tête, frère… Oui j’ai produit un track sur l’album de Lemdi & Moax, c’est là où j’ai connu tout les gars de Coffee Break Records, au studio Ginko, et depuis on ne se lâche plus. On essaie de représenter notre 77.

L’exercice de remix, tu pratiques souvent ou occasionnellement ?
Oui ça m’arrive, faut les a cappella quoi… Avant tu les avais sur les maxis.

Quel est ton set up de production, il paraît qu’il est minimal et pourquoi ne pas le faire évoluer avec les années ? MPC 2000 et Logic. Pourquoi, ca me suffit, déjà que je n’arrive pas à tout exploiter à fond, alors pourquoi en rajouter ? J’aime quand ca va vite. Je suis un mec de la boucle. Si t’as de l’inspiration, avec pas grand chose tu fais du son.

Ta découverte pendant le confinement ?

« Jazz is Dead » d’Adrian Younge & Ali Shaheed Muhammad, ça tourne en boucle depuis.

Parfois, souvent même, nous recevons à la rédaction des projets hip-hop qui ne sont pas assez puissants en termes de production. As-tu un ou des conseils à partager pour faire frapper un beat bien fat, façon KanKick ou Dusty ?
Alors là, je ne me demande pas ça moi… Je ne suis jamais satisfait de mon son (rires). Déjà une bonne source de sample, après une machine, c’est toujours mieux pour le grain.

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Tu es aussi fan de vinyles. Depuis quand collectionnes-tu ? Quels sont les genres de musique que tu collectionnes et combien y a-t-il de vinyles dans ta collection ?
Ah oui j’ai bien diggé fut un temps, mais je me suis calmé. C’est un budget aujourd’hui ! (Rires). J’ai commencé à acheter des vinyles au mitan des années 90.
 Je suis assez éclectique, j’ai de tout. Du hip-hop majoritairement golden years, de la house, pas mal de disco-funk en maxi, du jazz… Combien ? Je ne sais pas… 1500 vinyles.

Comment as-tu été amené à faire une presta au Detroit Electronic Music Festival, si je ne m’abuse plus techno que hip-hop ?
Mauvaise source (Rires) ! Detroit, j’y suis allé, mais pour chiller. D’ailleurs c’est le meilleur voyage de ma vie ! J’ai rencontré des personnes incroyables et une vibe inexplicable. Je suis nostalgique, juste le fait d’en parler.

Sinon pouvons-nous t’attendre mixer, on line et off line, à Paris ?
M’entendre mixer ce n’est pas pour maintenant. Je n’ai plus le kiff d’avant. Je suis plus en mode prod et taf. Mais peut être que j’y reviendrais… Je balance des mixs de temps en temps sur le net, quand j’ai la motive. (Rires)

Pour finir, d’autres projets ?

Oui d’autres projets, j’espère en tout cas. Je prépare une beat tape, peut être un maxi et il y a d’autres trucs dans les machines…

Par Dj Coshmar