Starwax magazine

starwax magazine

archivesseptembre-2016

BOOMBOX HISTORY

BOOMBOX HISTORY

Posté le

Le Boombox est souvent assimilé à la culture street. Le hip-hop l’a familiarisé sous le nom de ghetto-blaster. Cependant le rock et la soul-funk crachaient déjà des enceintes des premiers transistors radio-cassettes, au mitant des années 70, bien avant le rap. rewind sur l’origine de bombox, symbole d’une jeunesse en rébellion.


Du radio transistor au boombox
C’est la mise en forme des ondes électromagnétiques par James Clerk Maxwell, puis du télégraphe qui permirent de créer les premiers matériels pour communiquer sans fil. Bien d’autres chercheurs, dont Heinrich Rudolf Hertz pour ne citer que lui, ont également contribué à la naissance de la radio. C’est une fois de plus une société américaine qui a commercialisé et exploité l’invention du transistor. Avant même que le japonais Totsuko rachète les droits de fabrication du process, au début des années 50, à la Western Electric Bell. C’est le laboratoire du même nom dirigé par William Shockley qui publia, en 1948, le premier ouvrage traitant de l’effet transistor. Historiquement le premier poste de radio à transistors portable commercialisé se nomme le Regency TR-1 (n’est-ce pas ce dernier qui a inspiré le iPod ? Cf. photo ci-dessous). Il a été présenté aux Usa en décembre 1954. Il succède aux postes à lampes lourds, volumineux et gourmands en énergie.

702-regency
En France, le premier transistor Po-Go est le Solistor qui a été conçu par la compagnie Radio France en 1956. Au départ seule la station AM était disponible. Quelques années plus tard, le poste FM apparaissait. En parallèle les premiers enregistrements en stéréo ont été testés et la radio devint stéréophonique. Seize émetteurs FM, sous monopole d’État, sont recensés en 1961 en France. Et 196 sont pointés dix ans plus tard.

Alors que les années 60 sont marquées par la culture pop, la volonté de miniaturiser la bande magnétique aboutissant à la cassette à ruban audio est aussi primordiale dans l’histoire. En effet, ça marque le début des transistors à cassette ainsi que la démocratisation de l’enregistrement. Si la sauvegarde du son date du XIXème siècle, la bande magnétique et l’ancêtre du magnétophone, inventés par Fritz Pfleumer, datent de 1928. Dans les années 50 l’usage fut d’abord exclusivement professionnel, le studio de la RTF enregistrait ses émissions avec ce matériel. Enfin la cassette audio, couramment abrégée en français K7, et le premier magnétophone à cassette ont été inventés au début des années 1960 par Philips, une société néerlandaise. La K7 connaît un véritable succès : elle supplante les cartouches (médium à bande magnétique sorti quelques années auparavant au Usa), et devient la norme d’enregistrement audio domestique. La K7 connaît un véritable succès : elle supplante les cartouches (médium à bande magnétique sorti quelques années auparavant au Usa), et devient la norme d’enregistrement audio domestique. Quinze ans après la commercialisation des premiers vinyles, l’industrie de la musique a un nouveau support : la K7. L’électronique se développe et les individus se connectent quotidiennement à la FM. Les lieux d’écoute de la radio s’étendent à l’extérieur du domicile, le transistor accompagne l’auditeur dans son automobile comme dans ses loisirs. On constate un changement du mode d’écoute. À partir des années 70, l’industrie de l’enceinte acoustique prit alors le chemin de la miniaturisation. Le haut-parleur électrodynamique, une technologie de haut-parleurs encore utilisée aujourd’hui dans plus de 95% des applications, permet de restituer une qualité sonore quasi-irréprochable. Des valises hybrides avec des enceintes, des platines vinyles, des lecteurs K7 et radios players incorporés apparaissent. Et surtout des transistors radio-cassette portables esquissent l’ère du boombox, celle du woofer (de l’anglais aboyer), synonyme de boomer.

702_boombox_first
702-boombox-pubb-all
702_bombeat
702_sanyo-pub

Génération boombox
Même si le Philips « Radio Recorder » de 1969 est considéré comme le premier boombox au monde, la production de masse débute à partir du milieu des années 70. Il est difficile de déterminer quand le nom boombox est apparu et qui l’a inventé. Aux Usa le terme a commencé à être utilisé dans la publicité à partir de 1983. Ce qui est certain, c’est que la génération boombox a notamment été symbolisée par le personnage Radio Raheem, dans le film « Do The Right Thing » de Spike Lee. Il était capable de mourir pour son boombox et sa musique. D’ailleurs le titre « Fight the Power » de Public Enemy était diffusé depuis son boombox… C’est au début des années 80 qu’apparu à Nyc le surnom de « ghetto-blaster » pour designer un imposant poste radio-cassette portable avec deux hauts-parleurs attachés. Il faut rappeler que les disques de rap étaient encore rares. Et les boomboxes n’étaient pas uniquement rattachés au hip-hop puisque leurs propriétaires n’étaient pas systématiquement des b-boys (terme également émergent à cette époque). Quid de la culture hip-hop encore inexistante au Japon ? Il est donc évident que les punks préfigurent ladite culture. Les images du vidéaste anglais Don Letts (également Dj et musicien) accompagnant The Clash lors de leurs concerts à Nyc en 1981 et le titre « This is Radio Clash » témoignent du fait.

Le phénomène prendra également de l’ampleur en Europe… marquant comme une démocratisation du son. Le boombox, avec sa puissance sonore aux watts se multipliant et ses woofers allant jusqu’à 25 cm de diamètre, est un réel symbole d’affirmation et de rebellion pour la jeunesse. Il est synonyme de réunion, d’échanges d’idées, de soirées musicales et donc de danse. Le martellement des basses se propage dans la rue. La phrase : « When my boombox turned on, my world opened and « their » world closed. » de Billy Graziadei du groupe de hardcore métal Biohazard ou le titre du hit « I Can’t Live Without my Radio » de LL Cool J extrait de l’album « Radio », sorti en 1985, avec sa cover mettant en avant un JVC RC-M90, résument l’enthousiasme de cette jeunesse qui adule le boombox. Bien sûr une sorte de compétition régnait entre celui qui avait le plus gros, le plus beau, le plus lumineux et le plus puissant d’entre eux. Les fabriquants n’avaient de cesse d’inventer, allant jusqu’à créer des boomboxes emportant des platines vinyles, des claviers, un écran télé, une alarme… Chaque continent crée sa série aux couleurs ou singularités propres donnant ainsi naissance à des centaines de modèles dont certains ont été vendus à plusieurs milliers exemplaires. Les références désormais phares produites par Sharp, JVC, Panasonic, Lasonic, Toshiba, Sanyo, Crown… sont aujourd’hui recherchées par une communauté de collectionneurs au nombre grandissant. Un phénomène également observable en France. Même si il est encore discret, il est connu sous le nom de Frenshboombox et c’est un Dj qui en est l’initiateur : Dj Inverse de Tours.



Finalement les boomboxes disparaitront relativement vite au début des années 90, mais ils sont toujours restés dans l’inconscient collectif, particulièrement grâce à la culture hip-hop ou skate, d’autant que la musique et les loisirs prennent une place des plus conséquentes dans notre société. Les lecteurs de cassettes furent remplacés par les Cds. Une nouvelle génération de lecteurs portables arriva sur le marché. Le tout plastique éjecta les grilles en métal massif, le bois… Et ce mode de diffusion perdit autant en taille qu’en poids et en design, à partir des années 90.

702_boombox-ouf
702-boombox-casio
Pour clôturer ce chapitre, en complément de notre sélection de boomboxes insolites, voici un choix emblématique selon Alexandre et Thomas, deux collectionneurs avertis. Sharp GF 777, JVC RCM 90, Panasonic RX 5350, Conion C100F, Conion TC999. JVC RC-550. La famille Sharp des GF à trois chiffres : 525 / 555 / 666 / 777 et les derniers modèles : le 808.

Que reste-t-il du boombox en 2016 ?
Aujourd’hui si tu ne trouves pas dans un vide grenier un boombox « égaré », à prix aussi magique que sa puissance, sache que les tarifs débutent à 100 euros et vont jusqu’à plus de 5000 euros pour les pièces les plus convoitées. Pendant les années 90, de nombreuses marques ont tenté de lancer des boomboxes au design plus ou moins futuriste, souvent douteux. Ceci expliquant souvent le succès mitigé de ces produits où le lecteur Cd a remplacé les lecteurs de cassettes. Ils ont également été remis au goût du jour ces dernières années, avec une ligne cette fois bien plus subtile et souvent inspirée de transistors vintage, sauf qu’ils ne sont plus équipés de tuner et de lecteur de cassettes… Désormais, à domicile ou en extérieur, on se connecte en Bluetooth, via son Android…

702-boombox-2016
Aujourd’hui tous les foyers, ou presque, sont équipés d’ordinateurs. La source est en passe de devenir l’ultime discothèque grâce au streaming vidéo ou audio. Dans un monde où la notion de l’espace est de plus en plus préoccupante, il est évident que la course à la miniaturisation continue. Finalement, dans la rue, le téléphone devient le boombox du nouveau millénaire. Sauf que la puissance émise par un si petit appareil n’est pas à la hauteur. Cette évolution valorise une fois de plus le boombox, devenu un objet culte. Pour conclure, on ne peut s’empêcher de sourire en soulignant que l’invention du haut-parleur coïncide avec celle du téléphone. En effet, c’est le scientifique allemand Johann Philipp Reis qui intégra le premier haut-parleur électrique dans le tout premier téléphone, il y a de cela plus d’un siècle et demi. Aujourd’hui le boombox 3.0 est donc ton Android !

Références et remerciements
Merci à Thomas et Alexandre (interview ici), à Lyle Owerko pour « The Bombox Project : the Machines, the Music, and the Urban Underground », l’ultime livre sur les boomboxes, à se procurer sans hésitation aux éditions abramsimages.com. (Cf. photos ci-dessous). Un spécial big up à Julien de Bboyz Burger qui expose une collection de ghetto-blasters, pour la plupart customisés par des streets artistes. À Dj Ness et Tiemoko.

702-boomboxproject-livre
A visiter
classicboombox.com
pocketcalculatorshow.com
geekoblaster.blogspot.fr
wikiboombox.com
gac-original.com
boomboxes.com
stereo2go.com
stereo80s.com
myradio.berlin
radiohier.com


Par Dj Coshmar