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THE BONGO HOP / SATINGARONA PT. 2

THE BONGO HOP / SATINGARONA PT. 2

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THE BONGO HOP / SATINGARONA PT. 2

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Deux ans après un album salué par la critique, Etienne Sevet revient sur le devant de la scène avec la suite de « Satingarona », petit bijou sonore aux influences colombiennes et ouest-africaines, nourri de huit années passées à Cali, en Colombie. Pour ce disque, le trompettiste retrouve une nouvelle fois la chanteuse Nidia Gongora sur « La Carga » (la voix de Quantic et Ondatropica, c’est elle) ou le producteur et arrangeur hyperactif Bruno ‘Patchworks’ Hovart (l’homme derrière Voilaaa ou encore Uptown Funk Empire). De nouvelles collaborations font aussi leur apparition, comme celle du rappeur Greg Frite (ex-Triptik) sur « L’Autre Quai » et de la Camerounaise Cindy Pooch (« O Na Ya »). Sur le papier ça sonne bien, mais en vinyle ça sonne mieux : The Bongo Hop réussit le pari de rester dans la continuité de l’album précédent tout en gardant son identité musicale empreinte d’harmonies afro-caribéennes qui appelle à la joie, à la danse et au lâcher-prise. Le groove qui émane de morceaux comme « San Gabriel », reprise du groupe afro-colombien Buscaja, ou bien « O Na Ya », hommage au broken beat sud-africain, montrent la diversité culturelle de ce disque transatlantique, un métissage indéfinissable qui ramène à l’essentiel et brise les frontières du genre musical. Mais la véritable force de « Satingarona Pt. 2 » réside dans le storytelling : « Grenn Pwonmenenn » évoque la surexploitation de la terre et la déforestation en Haïti ; « Agua Fria » narre un conte aux accents d’apocalypse environnementale ; « La Carga » part d’une anecdote sur un crash d’avion causé par le trafic de cocaïne colombien ; « Jashu » ravive le souvenir d’une rencontre à Bordeaux avec des artistes provenant de Soweto… Chaque piste raconte une aventure, une chronique du monde cherchant à rassembler les peuples. La musique devient vivante, libre, remplie d’espoir. À travers cette pluralité culturelle, Sevet relève le défi de créer une œuvre humaniste, débarrassée des barrières de style, de langue, de savoir. Et c’est réussi. Merci à Underdog Records.

Par Loïc Pineau

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