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BLACK ROCK COALITION (PART II)

BLACK ROCK COALITION (PART II)

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La deuxième partie de notre dossier consacré au black rock met l’accent sur la grande diversité dudit répertoire. Fer de lance du mouvement, George Clinton crée un univers unique et haut en couleur avec Parliament et Funkadelic, Mother’s Finest intègre de multiples influences funk et soul, Fishbone balance une production pour le moins exaltée et TV on the Radio compose une batterie de titres envoûtants.


Parliament/Funkadelic
En 1970, dans le sillon de Sly and the Family Stone, George Clinton brandit le sceptre du P-Funk via les groupes Parliament et Funkadelic. Le premier enregistrement du dude intergalactique mêle ainsi le rock stoner et le psychédélisme ambiant à la soul et au mélodieux doo-wop, un courant également prisé par un autre gourou rétro-futuriste : Sun Ra. Il faut pourtant attendre l’arrivée du claviériste Bernie Worrell pour que la double formation trouve sa vitesse de croisière. Des plages comme « Maggot Brain » et « Free Your Mind… And Your Ass Will Follow » diffusent un groove hilarant, exprimé par des sets théâtraux. Les musiciens sont fréquemment déguisés et les décors sont à l’aune. Le ralliement du bassiste Bootsy Collins consacre Funkadelic au travers du tubesque « One Nation Under a Groove ». Avant que ce collectif ne serve de référence pour le hip-hop anglo-saxon ou pour des chantres du funk hexagonal comme Malka Family et Juan Rozoff.


Mother’s Finest
Quelque peu oubliés, les Américains de Mother’s Finest restent pourtant pionniers en matière de black rock. Leurs albums sortis durant la décennie 70 interagissent volontiers avec les productions plombées d’AC/DC ou d’Aerosmith (qui interprétera dix ans plus tard son classique « Walk This Way » avec les rappeurs de Run DMC). Emmenée par la pétulante chanteuse Joyce Kennedy, la formation teinte ses riffs électriques de basses funk. Une formule qui met en valeur le terme parfois hasardeux de fusion. Le mix est bigrement efficace et aura une incidence évidente sur des groupes comme Living Colour ou les Red Hot Chili Peppers. Sortie récemment chez Soul Music, la compilation « Love Changes – The Anthology 1972-83 » constitue une excellente piqûre de rappel. Le titre éponyme côtoie d’autres plages moins connues mais tout aussi efficaces. À redécouvrir.


Fishbone (photo ci-dessus)
Les milliers de spectateurs présents, il y a vingt-cinq ans, à Tamaris se souviennent certainement de la prestation de Fishbone. Leader de la formation, Angelo Moore avait alors transformé la scène du festival breton en Luna Park, escaladant l’immense portique d’éclairage et sautant en l’air tel un pois mexicain. Apparu à Los Angeles à la fin des années 70, le groupe californien gardera jusqu’à aujourd’hui un sens naturel de la mise en scène, au détriment d’une discographie disparate. À ce titre, les morceaux parus au milieu des 80’s sont sans doute les meilleurs du lot. Influencé par le ska ou le funk mais alimenté à l’énergie punk, Fishbone marque les esprits au travers de saynètes féroces comme « It’s a Wonderful Life (Gonna Have a Good Time) », « Ma and Pa » ou grâce à une reprise habitée du « Freddie’s Dead » de Curtis Mayfield. Servis par une orchestration impeccable, leurs brûlots restent de fantastiques bandes-son pour la pratique du skate. Jump !


TV on the Radio (photo ci-dessous)
Avec des influences aussi différentes que la new wave, la soul ou le jazz, Tv on the Radio est représentatif d’une nouvelle génération particulièrement inspirée et ouverte au monde. Promu en son temps par David Bowie (à qui le gang de Brooklyn rendra hommage en revisitant « Heroes », ou en l’accueillant sur un titre maison), TV on the Radio se distingue avec « OK Calculator », un premier album étonnant dont le titre renvoie évidemment au célèbre « OK Computer » de Radiohead. Le télescopage de rythmes synthétiques et d’arrangements rock cultive une attitude évolutive. Si les compositions sont souvent singulières, elles restent pourtant abordables. Une force traduite avec leur troisième opus « Return to Cookie Mountain », dont la ligne artistique est admirablement restituée par le label anglais 4AD. La disparition de leur bassiste, Gerard Smith, n’entame pas la créativité de la formation qui est depuis une référence, notamment pour les tenants de l’afropunk.

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Retrouvez la première partie du dossier Black Rock Coalition ici.

Vincent Caffiaux