Starwax magazine

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BATTLES / LA DI DA DI

BATTLES / LA DI DA DI

labelWARP

BATTLES / LA DI DA DI

album

2008, Battles sort son deuxième album, « Mirrored ». Véritable chef d’œuvre pour hipster en manque d’expérimentations, leur math-rock d’horloger chercheur barjot avait secoué la musicosphère avec un son organique et hypnotique, le tout arrosé de partitions vocales perchées, notamment sur l’orgasmique « Atlas », véritable bombe entêtante et jouissive. À l’époque on s’écharpait pour savoir si l’on kiffait ou pas, tellement leur son était insaisissable. Sorte d’Einstein de la musique, trop prétentieux pour le commun des mélomanes et pourtant si indispensable à l’avenir de la musique le super-groupe, composé de l’ex-batteur d’Helmet et du guitariste de Don Caballero, devait principalement son côté déjanté à la présence du chanteur illuminé Tyondai Braxton. Mais voilà, la lune de miel ne dura pas longtemps, et la voix du groupe quitta ses partenaires en plein enregistrement du troisième album. Retour à la case départ pour le trio restant, amputé d’un élément important, qui sort « Gloss Drop » en 2011. Si la folie s’était quelque peu évaporée, Battles reprenait les ingrédients typiques de « Mirrored » en arrondissant les angles, le tout emballé dans un paquet de featurings de qualité (Gary Numan, Kazu Makino) qui nous faisait oublier le départ de Tyondai Braxton. Le succès était au rendez-vous. 2015, le groupe est de retour à nouveau chez Warp pour la sortie de « La Di Da Di ». On reprend le même trio et on recommence, mais cette fois sans les invités vocaux. Place à un album intégralement instrumental qui revient vers cette bonne vieille formule qui avait fait leur succès. Son hétérogène, musique cérébrale et complexe, rythmique dansante. Le batteur John Stanier est toujours présent en pilier du groupe avec sa frappe sèche et puissante. Les expérimentations sonores de Ian Williams et la basse métronomiques de Dave Konopka sont également bien présentes. Hélas, tout le problème est là. À vouloir reproduire la recette, qui fonctionne toutefois, on ne peut s’empêcher de leur reprocher un certain manque d’audace. On a la forte impression que le groupe s’est juste attelé à jammer tranquille un dimanche au coin du feu pour en conserver le meilleur. Alors attention « La Di Da Da » est loin d’être un mauvais album. Le titre d’ouverture « The Yabba », son introduction et le clip vertigineux (ci-dessous) rappellent que les new yorkais en ont encore un peu sous la pédale. « FF Bada » fait le boulot et l’interlude « Flora>Fauna » accroche l’oreille. Le reste de l’album reste toutefois très convenu et peu d’autres titres sortent du lot. On se surprendrait presque à s’ennuyer. Ce qui pour ces érudits de la musique intellectuelle et méthodique est tout de même un comble. Gageons que ce simple bon disque leur permettra de revenir avec un prochain album bien plus saillant.

Par Sebastien Forveille



LP-WRP-263-2