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ART RECORD COVERS

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ART RECORD COVERS

Richement illustré, le livre « Art Record Covers » compile de nombreuses pochettes de disques signées par des plasticiens, peintres ou photographes de renom. Sélectionnés par l’universitaire Francesco Spampinato, ces travaux dévoilent les liens parfois surprenants et souvent pertinents qui unissent les arts visuels et la musique.

Les pochettes de disques révèlent parfois des créations originales. Confirmation avec « Art Record Covers », une sélection de plus de cinq cents visuels réalisés par des artistes modernes et contemporains. Dirigé par l’historien d’art Francesco Spampinato, cet ouvrage est aussi un pass précieux pour découvrir des talents souvent confinés aux musées et galeries. Il est complété par six entretiens éclairants, avec notamment Kim Gordon de Sonic Youth ou Christian Marclay. Les supports témoignent généralement de leur époque. Les compositions graphiques et bariolées de Futura 2000 ou Keith Haring pour le Clash ou Malcom McLaren annoncent ainsi nos sociétés multiculturelles. Et l’énigmatique Banksy atteste de l’impact du street art avec Blur. Certains travaux emblématiques sont également à (re)découvrir. À commencer par la pochette zippée conçue par Andy Warhol pour l’album « Sticky Fingers » des Rolling Stones. Passé à la postérité, l’exercice justifie à lui-seul ce livre. Idem pour la blancheur conceptuelle du double album « The Beatles ». À l’image d’autres fulgurances de Warhol (pour Le Velvet Underground voire John Cale), ce monochrome de Richard Hamilton symbolise les années Pop. Alors que des stars du jour comme Damien Hirst ou Jeff Koons provoquent (ou non) avec des pochettes pour The Hours ou Lady Gaga.

Naturellement les collaborations intéressantes virent souvent au compagnonnage. Lui-même musicien, le plasticien américain Raymond Pettibon a imaginé de nombreuses vignettes DIY (elles auraient très bien pu être éditées sous la forme d’autocollants), pour des proches de la trempe de Black Flag et Minutemen. Tout aussi passionnants, les pictogrammes syncrétiques de Jean-Michel Basquiat destinés au maxi « Beat Bop » de Rammellzee expriment avec force les visions afro-futuristes du rappeur-graffeur new-yorkais. Et l’émouvant dialogue engagé entre le photographe Robert Mapplethorpe et son amie et muse Patti Smith consacre l’iconographie rock. Pour ce beau recueil, Francesco Spampinato a aussi déniché un scrap de William S. Burroughs pour Ministry. L‘effet est garanti. Il évoque les techniques sonores du cut-up chères à l’écrivain. Autre échange fructueux, le dessin d’Henri Matisse offert pour « The Harold Arlen Song Book » d’Ella Fitzgerald impressionne, tant le trait de crayon du maître épouse le répertoire de l’icône jazz. Enfin quelques pièces singulières ponctuent ce pavé. C’est le cas d’un single de David Sylvian emballé par Anish Kapoor. Ou bien encore du génial Wim Delvoye qui délivre une sculpture d’inspiration gothique à la tribu allemande Beehoover. Résumée en fait à un duo particulièrement sonore, la formation de heavy metal absorbe ici le discours iconoclaste du créateur flamand. Francesco Spampinato : Art Record Covers

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Par Vincent Caffiaux