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newsoctobre-2018

INTERVIEW / AKIKO YANO OU LES PREMICES DE LA SYNTH-POP

INTERVIEW / AKIKO YANO OU LES PREMICES DE LA SYNTH-POP

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Au sein du répertoire électro-pop, la Japonaise Akiko Yano fait figure de pionnière. Épaulée par Ryuichi Sakamoto et son groupe le Yellow Magic Orchestra, cette dernière sort en 1981 « Tadaima », une perle aujourd’hui rééditée en vinyle par le label Wewantsounds. À cette occasion, la chanteuse évoque cet album et la culture nipponne contemporaine.


L’enregistrement de « Tadaima » (pochette ci-dessous)
L’album a été enregistré alors que « Harusaki Kobeni » était déjà dans le top 40. En fait la maison de disques a voulu éditer ce 33 tours rapidement, afin de profiter de l’élan commercial du premier titre (qui cartonnera grâce à une publicité pour cosmétiques, Ndlr). Je n’ai donc pas passé beaucoup de temps à la conception des morceaux. Ce qui explique que les plages de la face B offrent des arrangements un peu plus dépouillés. Ryuichi Sakamoto et moi avons par contre énormément travaillé sur le son. Je ne me souviens plus exactement avec quel matériel nous avons enregistré mais le synthétiseur principal était un Prophet 5.
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L’album
À l’instar du morceau « Harusaki Kobeni », j’ai composé le single « I Sing » dans l’optique que cela marche dans les charts. À l’époque, c’était un moyen efficace pour attirer l’attention du public et se faire connaître. À vrai dire ça m’a fait un peu bizarre de me retrouver rapidement sur le devant de la scène. Je n’y étais franchement pas préparée. Mais « Tadaima » reste un album unique. D’une part parce que ça n’est pas si courant d’avoir des poèmes d’enfants mis en musique avec des arrangements pop (en référence aux neuf textes adaptés et chantés par Akiko Yano via un medley, Ndlr). D’autre part parce que les compositions et les musiciens sonnaient résolument électro, un registre que je n’avais jamais abordé jusqu’alors. Toutefois j’ai largement apprécié cette expérience.

Le Japon
Pour être honnête, je ne vis plus au Japon depuis des années (Akiko Yano habite à New York depuis le début des années 90, Ndlr) donc je suis un peu déconnectée de la scène locale. Concernant l’engouement suscité par le Japon auprès du public occidental, il me semble que les fans découvrent cette culture via les mangas et les dessins animés. C’est une porte d’entrée idéale pour comprendre d’autres aspects de la société japonaise. À propos du mangaka King Terry, l’auteur de la pochette de « Tadaima », c’est très simple : j’étais fan de ses illustrations. Et je le suis toujours d’ailleurs ! Sinon je suis vraiment très heureuse que la nouvelle génération découvre la musique grâce au support vinyle. Ce son est très chaleureux. C’est celui avec lequel j’ai grandi et dont je suis fan.

Dans le sillage d’Akiko Yano, Star Wax vous conseille
« Solid State Survivor », le deuxième album du Yellow Magic Orchestra (1979)
« The Flat Earth » de Thomas Dolby (1984)
« Neo Geo » de Ryuichi Sakamoto (1987)
« Tin Drum » de Japan (1981)


Propos recueillis par Vincent Caffiaux / Photo par Midi Inc.