Starwax magazine

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AIRTO FOGO / AIRTO FOGO

AIRTO FOGO / AIRTO FOGO

labelPharaway Sounds

AIRTO FOGO / AIRTO FOGO

album

Airto Fogo, mais qu’est ce que c’est ? (fa fa fa fa fa fa fa fa fa far…). Une rareté pour les collectionneurs, une petite pépite oubliée… puis rééditée. Un unique album longtemps demeuré inconnu, dû au faible succès rencontré en France lors de sa sortie mais plus particulièrement à cause de l’identité mystérieuse de son auteur. Peut-être aussi la faute à cette curieuse pochette ? Au premier regard, j’ai pensé à une obscure production 80 italo-disco (et pourtant rien à voir…). Puis cet inconnu au visage figé… Quatre vignettes tel un tirage de photomaton, ce qui au final est une idée moderne pour l’époque, sauf que le bonnet et les lunettes te font gagner un deuxième rendez-vous à la préfecture… Bref, une accroche visuelle plutôt incertaine… Il faut donc se lancer à la recherche d’indices qui pourraient mener à d’éventuelles pistes sonores… Pharaway Sounds, un label espagnol principalement spécialisé dans la réédition et la compilation de vieilles galettes 60′s-70′s « Orientopopsychejazzyfunkrock » donne le ton… Sauf que là, le line up sent la cuisine française… Sylvain Krief, Gilles Papiri, Michel Coeuriot, et d’autres sont aux fourneaux des studios Davout à Paris, nous sommes en 1976. Pour la petite histoire, deux ans auparavant Sylvain Krief, le type de la photo, travaille avec Michel Fugain… qui lui commande un morceau pour son prochain ballet à l’Olympia. Il écrit sous le pseudo Airto Fogo « Jungle Bird » (tuerie jazz funk !) et « Black Soul ». Les deux titres connaissent un tel succès qu’ils sortiront en 45 tours sur le label de Fugain, BBZ (Big Bazar Productions). Ainsi vient l’idée à Sylvain de créer un album solo, accompagné des musiciens qu’il côtoie à l’époque… Et paf ! Le résultat est Airto Fogo. Alors comment ça sonne ? Plutôt bien ! Que des instrumentaux de 3 à 4 minutes aux tempos assez rapides dans l’ensemble et deux compositions un peu plus lentes… (« So Be It », « Shadowy »…). L’album s’ouvre sur « Right On Bird », une short intro en break de batterie et claviers au groove accrocheur. Puis arrivent progressivement les cuivres qui deviennent de plus en plus nombreux et puissants, rappelant Earth Wind And Fire période 70′s ou les JB’s… Piano, synthé et clavinet funky s’avancent et se calent, laissant la part belle aux envolées du saxo. On retrouvera d’ailleurs cette orchestration au fil de l’album, avec des variantes bien sûr. Par exemple sur « High Stakers » et « Satine Dog » place au minimoog et au Fender Rhodes, aux cuivres et à la guitare… Sur « 1973 Carmen Avenue », la six cordes est à l’honneur… Sur le cool « So Be It » tout le monde converse, et chacun a son mot à dire… On termine avec « Just Over » où clavinet et sax reviennent pour une dernière promenade jazzy funk. Bref un bon opus, aux légers accents de bande-son blaxploitation, aux influences hancockiennes, doté de bons arrangements, notamment sur les parties de cuivres et claviers, fruit du travail d’un seul homme : Michel Coeuriot… Bravo Michel ! Ça groove et ça nous fait plaisir… Le seul bémol de cet album serait, peut-être, l’aspect un peu répétitif des sonorités. . Finalement les tracks ne seraient-elles pas mieux en « one shot », par deux ou trois ? Mais ce n’est là que mon humble avis. Et comme dit l’inspecteur Harry : « Les avis c’est comme les t…s du c.l, tout le monde en a un ! ».



Par François Hanrigou