Starwax magazine

starwax magazine

WALL OF VOODOO /
LES SORCIERS DE L’AMERICANA

Posté le
En 1982, Wall Of Voodoo sort Call Of The West, un album génial à la croisée de Johnny Cash, des synthés de Devo et des musiques de film. Leader historique Stan Ridgway (photo ci-dessus) fait paraitre, quatre ans plus tard, The Big Heat un premier essai solo qui impose le talent de narrateur du musicien californien. L’occasion de revenir sur ces deux disques. Et de réclamer des rééditions dignes de ce nom.


Le nouvel album de Sacri Cuori confirme l’attrait exercé par l’américana sur la composition européenne. Pionnier du genre, Wall of Voodoo apparait sur la côte Ouest à la fin des années 70. Epris de culture country, le groupe mâtine ses racines d’influences new wave. Un mix improbable décelable en 1981 sur Dark Continent, le premier album du gang angeleno. Bancal mais fourmillant d’idées, cet enregistrement dévoile déjà le timbre de voix caractéristique de Stan Ridgway. Auteur de musiques de (télé)films celui-ci est le maître d’œuvre de la formation. Le groupe ouvre alors pour le collectif iconoclaste The Residents. En 1982, « Call Of The West » en écoute intégrale ci-dessous, le deuxième disque de Wall of Voodoo assimile l’héritage musical évoqué précédemment. Si les boîtes à rythmes sont toujours au rendez-vous, les compositions sont nettement plus abouties. « Lost Week End » instaure une ambiance crépusculaire. « Spy World » laisse éclater une colère non dénuée de parano. Et « Mexican Radio », promu à l’époque single, affirme la haute teneur musicale de l’album. Point d’orgue de l’album, le splendide « Factory » laisse transparaitre une ambiance sombre, marquée par un harmonica répétitif. C’est aussi le dernier album avec Stan Ridgway. Le reste de la formation a poursuivi une carrière sous le même nom dans les années 80. Si un titre comme « Hollywood The Second Time » ravi l’adhésion, l’absence de leader pèse sur le groupe qui se sépare en 1988.

702_wall-of-voodoo-cover En 1983, un an après Call Of The West, Francis Ford Coppola réalise Rusty James (Rumble Fish). Mickey Rourke, Matt Dillon, Nicolas Cage et Dennis Hopper font partie du casting. Pour l’occasion l’ex-leader de Wall Of Voodoo participe à la bande originale et interprète « Don’t Box Me In » avec Stewart Copeland, le batteur de Police. En 1986 Stan Ridgway édite un premier album solo : The Big Heat. Référence directe à un film noir 50′s réalisé par Fritz Lang, le titre sonne comme une profession de foi. « La musique c’est plus qu’une succession d’accords et de notes. Elle a la capacité d’évoquer des images fortes » déclare le musicien. Un point de vue évident à l’écoute du morceau titre, de ses hululements synthétiques et de son texte ciselé : « A block away he wondered if he’d left behind a clue /The front page of a paper dated 1992 ». Ou bien avec « Drive She Said », véritable storyboard sonore : « I said : “Miss you gotta tell me where you wanna go to / I can’t keep driving ’round the same block » / So I crumpled my cup and pulled the gum off my shoe / And then she told me, « Just shut up and keep your eyes on the road” ». Imprégnée d’humour noir, sa plume n’est pas sans évoquer Randy Newman. « Salesman » ou « Camouflage » (succès d’estime à sa sortie) sont autant de short stories. Une empreinte littéraire évidente mais qui ne prend jamais le pas sur la production. Depuis, Stan Ridgway a sorti une douzaine d’albums et différentes productions audiovisuelles : des travaux révélateurs d’un univers singulier.

Par Vincent Caffiaux







FOOL’S GOLD / FLYING LESSONS

Posté le
Quatre ans après « Leave No Trace », plusieurs mois de tournées à travers le globe en ouverture des Red Hot Chili Peppers ou encore Tinariwen et après avoir visité les plus grands festivals internationaux, les Californiens de Fool’s Gold reviennent avec « Flying Lessons », un long format aux saveurs exotiques. Luke Top et Lewis Pesacov, les deux têtes pensantes de Fool’s Gold ne nous disent pas tout au sujet de ce troisième album. En effet, le groupe californien sait rester discret sans pour autant se priver de multiplier les expériences depuis le succès fulgurant de leur premier single, « Surprise Hotel », en 2009. Depuis, Fool’s Gold semble avoir trouvé un certain équilibre entre pop lancinante, disco tropicale, dub et funk blanc ; bref, le genre de musique sur laquelle vous danserez en regardant le soleil se lever sur la mer avant d’aller vous affaler sur la plage avec votre salade de fruits. La basse caresse, les percussions chaloupent, la guitare est créole et les synthés planent sur le tout de leur présence bienveillante tandis que les choeurs terminent de coller un sourire sur ton visage pour la journée. « I’m in Love », « Another Sun », « Flying Lessons » ou encore « Break The Cycle » ne sont que quelques exemples parmi les hymnes à l’indolence de ce troisième album qui pourraient bien refaire le coup de « Surprise Hotel ».

445-foolsgold-all
Toujours aussi inspiré par la musique africaine (plus particulièrement congolaise, éthiopienne, malienne et érythéenne), le quintet dont la formation remonte à 2007 nous offre une nouvelle fois, cinq ans après leur premier opus, un album totalement décomplexé qui transparait comme un véritable hymne pop à l’exotisme.

Petit rappel, « Flying Lessons » sera disponible en réseau dès le 20 avril prochain en version physique ainsi qu’en version digitale. Les Californiens seront également à nouveau en tournée dès avril 2015, le 23 au 106 à Rouen, le 28 à La Maroquinerie de Paris, le 30 au Stéréolux à Nantes, entre autres, et termineront leur petit tour dans la capitale anglaise au 100 Club le 2 mai prochain avant de retourner sur le nouveau continent. Retrouvez toutes les dates ici.

Par Enya Quéméner







MELANIE DE BIASIO / NO DEAL REMIXED

Posté le
La belge Mélanie de Biasio fait partie de ces nouvelles jazz women, qui a l’instar de Agnes Obel dépoussière le genre. Vocalement, Mélanie a des ressources, une voix chaude, langoureuse presque nonchalante. Un peu comme si elle faisait traîner les syllabes, comme le faisait toute proportion gardée la diva Billie Holiday. Son album « No Deal » est sortie en 2013 et il y a quelques jours est paru chez Pias Le Label un double vinyles « No Deal Remixed ». Sous la houlette de Mr Worldwide, Gilles Peterson. Excusez du peu. D’ailleurs le producteur et Dj anglais signe avec Simbad un remix pour le titre « With Love / Sweet Darling Pain ». Les autres contributeurs sont Eels, Hex, Seven Davis Jr, l’excellent français Chassol (qui vient de sortir son album), Clap Clap, Johnwayne et surtout… The Cinematic Orchestra, le projet de Jay Swinscoe (dont on annonce une nouvelle collaboration avec la légende Fontella Bass), sa relecture de « I’m Gonna Leave You » et tout simplement magnifique, plus de huit minutes de jazz minimaliste, de nappes ambient, le tout rattrapé par un breakbeat étouffé ! Les brides vocales de Mélanie étant la cerise sur le gâteau.

Par Dj Barney