Starwax magazine

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BEATSTEP BY ARTURIA /
VIDEO TEST

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Aujourd’hui, l’utilisation des contrôleurs Midi n’est plus étrangère à la plupart des musiciens et producteurs. Devenues de plus en plus abordables au fil des ans, les interfaces actuelles continuent de réduire l’écart entre l’homme et la machine. Ceux qui, comme moi, aiment travailler avec du hardware, auront remarqué une abondance de nouvelles machines qui réussissent à maintenir un bon équilibre entre la technologie d’antan et un esprit novateur. Le Beatstep d’Arturia s’avère beaucoup plus polyvalent que ce à quoi on pourrait s’attendre, avec sa construction robuste et sa grand capacité comme sequencer Midi / CV.

Au départ, je m’étais dit qu’il serait un peu superflu d’ajouter un séquenceur aux machines que j’utilise déjà, mais, je dois avouer que le Beatstep est particulièrement maniable comme outil, quand il s’agit de jouer des séquences préparées ou programmées en direct. L’expansion actuelle de synthés analogiques sur le marché rend cohérent la sortie d’un séquenceur qui fonctionne en CV en plus du Midi standard. Les propriétaires de synthés analogiques seront ravis de découvrir cette machine qui ouvre de nombreuses possibilités supplémentaires, avec ou sans ordinateur.

L’interface est solide, dotée de 16 potards (« encodeurs »), assignables à n’importe quel paramètre ou fonction Midi. Ils sont utilisés également pour changer le pitch (hauteur) des notes, en mode séquenceur. Un grand bouton rotatif vous permet de modifier le ‘Tempo Rate’ et de transposer la séquence pendant qu’il joue, en mode séquenceur.

Il y a 8 petites touches spécifiquement consacrées aux contrôles tels que Stop, Play, Synchronisation Externe (On / Off), pour alterner entre modes Séquenceur / Control, ‘Recall’ pour rappeler une séquence de la mémoire et ‘Store’ pour sauvegarder une séquence sur un des 16 pads. Appuyer sur la touche Shift (en mode séquenceur) donne accès à 8 types de gammes chromatiques, 4 modes de lecture différents, 4 options Step Size et Pattern Length. Avec le logiciel « Midi Control Center » (à télécharger gratuitement chez Arturia), vous pouvez modifier, sauvegarder et rappeler vos séquences et régler d’avantage de préférences.

L’aperçu rapide que j’ai eu sur le beatstep en tant que contrôleur Midi ne m’a pas déçu, jouer de la batterie dans Ableton live m’a montré la réactivité des pads, sensibles à la pression et à la vélocité, plus douce et agréable que pas mal d’autres contrôleurs. L’un des points forts du Beatstep est le fait qu’il est également conçu pour fonctionner de façon autonome, sans ordinateur, alimenté via USB (un simple chargeur de téléphone avec une prise USB suffit). Sur le coté gauche de l’appareil, il y a trois prises mini-jack à côté de la connexion USB : Midi Out (un adaptateur est fourni avec une prise Midi-DIN standard) ainsi que CV Out et Gate.

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En mode séquenceur, les notes jouent ‘pas-a-pas’ (façon « step sequencer »), représentées par les 16 pads… sans lumière si désactivés, bleu flamboyant en état actif. Chacun des 16 potards contrôle la hauteur de la note correspondant (l’encodeur 3 change le pitch du pad 3, etc). Il est très pratique de pouvoir entendre la note sélectionnée directement (quand la machine est à l’arrêt).

8 types de gammes (« Scale Types ») sont présentées sur les 8 pads du haut (« Chromatic, Major, Minor, Dorian, Mixolydian, Harmonic Minor, Blues, User »), avec une place prévue pour une gamme personnalisée. La sélection d’une Scale Type détermine les notes permises par le type de gamme choisi. Malgré ce qu’on pourrait imaginer, on arrive a s’habituer a cette façon de travailler les mélodies « à l’oreille », sans clavier (ni ordinateur, si on le veut !)… C’est agréablement simple et instinctif.

Les 8 pads du bas sont consacrés à encore d’autres fonctions. Comme certains arpégiateurs, « Pattern Mode » change l’ordre, et donc le motif des notes qui jouent. Il y a Forward, Reverse, Alternate (aller et retour) et Random. Step Size permet de diviser ou doubler la vitesse de lecture (x2, x4), pour faire de plus longues mélodies ou créer des arpèges rapides, par exemple.

Un petit plus que j’avais remarqué en synchronisant le Beatstep et Microbrute via CV est que l’on peut transposer la mélodie entrante avec les touches du clavier du synthé ! La dernière mise à jour du firmware ajoute la possibilité de gérer encore plus de paramètres sur l’interface, tels que Legato, Swing et Gate Time. (Bravo les gars…). Finalement, le principal détail gênant, qui pourrait faire hésiter certains, serait l’absence d’une option « Synchro In » (CV ou Midi)… Mais avec toutes les possibilités déjà incluses, cette machine a un potentiel créatif surprenant, surtout pour moins de 100 euros TTC !

En conclusion le BeatStep est un condensé de technologie aussi bien pratique pour les musiciens avertis qu’utile pour faire découvrir rapidement au néophite le principe des gammes sans maîtriser pour autant le solfége. Chapeau bas et bon anniversaire à Arturia, société française, qui célèbre quinze ans d’innovations. (Par Dj Seep)




LIFESTYLE / DÜMAIII

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Quand le style associe le meilleur des traditions, c’est Dümaiii. Une bande de quatre jeunes potes passionnés de mode qui suite à un voyage au Sénégal ont eu à cœur de retranscrire leurs émotions dans une ligne de vêtements à la fois graphiques et élégants. Crée en grande partie à Dakar, leur première collection à l’esprit très ethnique propose des créations mixtes (chemises, shorts, bombers…), conçues et taillées de leurs mains au millimètre et avec talent dans des tissus nobles comme le bogolan, le bazin, le wax. Dümaiii s’inspire des traditions et des coutumes du pays, travaillant avec les artistes locaux et les matières qu’ils ont l’habitude de sculpter, ils font parler leur histoire avec une vision jeune, occidentale et très rafraichissante. Cette collection nommée Benn, annonce un beau succès en France auprès des amateurs et spécialistes du monde de la mode comme cela a été le cas au Sénégal, où ils étaient conviés à présenter leurs créations à la Dakar Fashion Weak. De Retour à Paris ils comptent faire parler d’eux notamment en lançant la distribution de la marque. Nous attendrons leur prochain périple créateur avec impatience. Plus d’infos ici ou . (Par Stimps Kwams)

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ZE BEST OF THE EIGHTIES /
FOCUS ZE RECORDS

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Réédition du fameux Nightclubbing de Grace Jones et nouvel album de Blondie, les années 80 reviennent sur le devant de la scène. Créé à l’orée de cette décennie à New York, le label ZE Records cristallise cette période. Des funkymen déjantés de Was (not Was) à Kid Créole and the Coconuts en passant par des signatures françaises comme Lio ou Lizzy Mercier Descloux, le catalogue offre un patchwork décomplexé de rythmes et cultures. L’occasion de se pencher sur cette firme visionnaire.

Avec sa lettrine imprimée sur fond jaune, le logo du label ZE Records renvoie aux yellow cabs new yorkais du début des années 80. Une période fertile pour la création, exprimée par les travaux de Jean- Michel Basquiat, Futura 2000 et par des mouvements émergents tels la fugace no wave ou le hip-hop. Lancé en 1978 par Michael Zilkha et Michel Esteban, respectivement disquaire et journaliste, ZE Records se place rapidement en héritier du punk et de la new wave. Véritable laboratoire des courants littéraires, cinématographiques et bien sur musicaux qui ébranlent la Grosse Pomme, la firme démarre sous l’égide de John Cale, l’ombrageux compositeur du Velvet Underground. Fan de Marie et les Garçons, celui-ci présente Zilkha à Esteban alors que sort « Re Bop », le premier single de la formation lyonnaise. Forts de contacts dans l’univers branché de la côte Est, ces derniers créent un catalogue hors normes, en remarquant des interprètes ou groupes souvent touche à tout. Passé sous licence par Chris Blackwell, le mogul d’Island, ZE Records remplit rapidement sa fonction de tête chercheuse.

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Parmi la quarantaine de groupes ou interprètes signés, certains se démarquent. Chantre d’une société désincarnée, Suicide enchaîne l’expérience menée par un premier album tellurique. Le titre « Dream Baby Dream » sort en single, tout comme l’irradié « Juke Box Baby », écrit en solo par Alan Véga. Signe des temps, James White impose son jeu marqué tour à tour par le jazz et le punk. Figure de proue du label, August Darnell alias Kid Créole (en photo ci-dessus) apparait en 1980. Influencé par des répertoires aussi variés que la disco, la salsa et le jazz, celui-ci évoque volontiers l’âge d’or des zoot suits. Epaulé par le trio vocal The Coconuts, il trouve la reconnaissance avec une série de singles vitaminés et populaires ; parmi les tubes, « Maladie D’Amour », « He’s Not Such a Bad Guy (After All) », « Stool Pigeon » ou « Annie i’m Not Your Daddy ». Percussionniste et membre clé du groupe, le sémillant Coati Mundi écrit quelques titres inspirés comme « Que Passa » ou « Me No Pop I». Autre formation phare du label ZE Records, Was (not Was) lance une formule inédite marquée par le funk et un discours arty. Fort d’une quinzaine de membres, le groupe impose ainsi un premier album éponyme étonnant. Leaders du groupe, les frères David et Don Was éditent en 1983 « Born to Laugh at Tornadoes », le prolongement du premier opus, illustré par une pochette superbe. Creuset créatif, Was (not Was) sert de rampe de lancement pour Don Was qui entame une carrière de producteur international auprès de Iggy Pop et Khaled. Eclectique, le label sert de point de chute pour Lio et sa sœur Héléna. La première connait un succès commercial grâce à la plume de Jacques Duvall, le parolier belge. Autre signature hexagonale, Lizzy Mercier Descloux sort Press Color et Mambo Nassau deux albums intéressant avec lesquels la compagne de Michel Esteban, synthétise son séjour new-yorkais. Férue de musiques du monde, cette dernière sort ensuite Zulu Rock, un disque consacré aux rythmes sud africains. Extrait de ce troisième album, le titre « Mais où Sont Passées les Gazelles » cartonne dans les charts. Au-delà du succès ce titre, signé chez CBS, ouvre la vague world qui envahit les bacs au mitan des années 80. La fin de ZE Records en 1984 atteste surtout de la fonction charnière du label. Si certaines compositions souffrent aujourd’hui d’arrangements datés, la firme reste visionnaire. Cette production, disponible sur les compilations Mutant Disco, annonce l’actuelle diversité musicale, au travers de la diffusion dématérialisée, grâce au support multimédia. (Par Vincent Caffiaux).

Plus d’infos www.zerecords.com