Starwax magazine

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PRINCE FATTY VS MUNGOS’HI-FI

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Connu pour ses rééditions, Mr Bongo reflète également une actualité reggae de premier ordre. Le futur album de Hollie Cook est représentatif du label britannique. Et Prince Fatty Vs Mungo’s Hi Fi, le nouveau projet du catalogue risque bien de marquer les amateurs de syncopes tropicales. Reprenant la tradition jamaicaine du clash, cette galette oppose l’incontournable Prince Fatty, producteur éclectique (Graham Coxon, Lily Allen, Dub Syndicate…) au Mungo’s Hi-Fi, sound system distingué pour ses featurings. Héritier d’une tradition early reggae, Prince Fatty remixe ainsi cinq titres de son concurrent et vice versa. Le face à face, incarné en son temps par des toasters de la trempe de Yellowman Vs Josey Wales, est transcendé depuis la console. Un défi ludique et non dénué d’humour. La pochette de l’album revisite cet esprit de manière significative.

Signée Mike Pelanconi aka Prince Fatty, la première face fait mouche avec « Herbalist » de Top Cat et « Did you really know » de Soom T. Le débit vocal des deux MC’s rebondit dans les boomers. « Under arrest », signé directement par le groupe adverse, témoigne des forces en présence. Tout comme « Divorce à l’italienne », interprété par Marina P. Le clou de cette manche reste probablement « Scrub a dub style » de Sugar Minott. Prétendre que le son de Prince Fatty va comme un gant au vétéran Studio One vire à l‘euphémisme tant il transpire le reggae. Le caractère smooth du truculent producteur est ensuite passé à la moulinette numérique du Mungo’s Hi-Fi. Si les rythmes du sound system se prêtent tout particulièrement à la voix soul de Hollie Cook via « Sugar water » et « For me you are », Winston Francis et George Dekker, les deux canaux historiques, pêchent par manque d’énergie. Et ce n’est pas la puissance de feu de Horseman et son « Horsemove » qui rééquilibrent le combat. La Prince Fatty touch a sévi. Et ravit ce soundclash haut la main.
( Vincent Caffiaux )



MOTORVILLE / MOTORVILLE Ep

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Nous vous présentions, dans notre numéro d’hiver 2013-2014 une interview de Motorville, side project DIY de trois acteurs de longue date de la scène électronique parisienne, que dis-je, européenne: Pablo Loco Escobar, Mau Mau Kadafi et Slim Jim Mussolini. Plus qu’un défouloir ou une récréation pour vétérans en mal d’action, Motorville est une réponse à la musique de l’époque, marketée, aseptisée et normée à l’extrême, plus intéressée par sa propre image et sa supposée coolitude que par l’essentiel, à savoir sa substance même, et qui, sous couvert d’indépendance et de distribution alternative grâce à internet, se révèle dans une large mesure aussi moutonnière, terne et peu excitante que le plus mou des catalogues de majors. Armés de machines, d’une guitare et d’un micro, les trois apprentis dictateurs piochent sans vergogne dans toutes les musiques qui, de 1977 à nos jours, font suffisamment de bruit pour emmerder vos voisins, et produisent un maelström sonore situé, comme ils le revendiquent eux même, quelque part entre Suicide et Soul Sonic Force. « Driving Through The City », « Berlin » et « Ridicule » qui composent ce premier volume en sont, chacun à leur manière, autant d’exemples. Motorville ne sortira ni tee-shirts ni sacs en coton bio à son nom, ne sera jamais cool, ne vous offrira pas de Mp3 jetables, mais uniquement des 10 inchs de trois morceaux, des vidéos en noir et blanc pleines de femmes nues et des concerts dans des lieus plus improbables les uns que les autres. Tout droit sorti d’une faille spatio-temporelle où le terme underground a encore un sens, ce premier maxi d’une série que l’on espère longue en est la preuve flagrante : Motorville don’t give a shit. (J.V.)



FREE TAPE BY JOHN SHARKS
INSPIRAÇAO CABO VERDIANA

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John Sharks est un Dj, beatmaker, digger et jeune producteur parisien. Son dernier projet en date est une mixtape en free download légale « Inspiraçao Cabo Verdiana » issue de voyages, de rencontres et découvertes online du Cap-vert. Du support digital, aux cassettes, de leçons de cuisine aux plus belles voix du Cap-vert John Sharks n’a rien ou presque omis de sampler, découper, scratcher, mélanger et sublimer grâce à des réedites et remixes, 38 minutes durant. Le résultât est aussi agréable que réussi. Une invitation à découvrir un artiste prometteur et par la même occasion l’âme de ce pays insulaire de l’océan Atlantique situé au large de l’Afrique. Un pur moment, ou évidemment Cesaria Evora est présente, en streaming ci-dessous ou en libre téléchargement sur son site www.johnsharks.com . Retrouvez ci-dessous les crédits des sources samplées afin d‘apprécier et comprendre mieux le travail réalisé par John Sharks.



CREDITS :
01- L’intro contient un element de AAli Sandler’s Cape Verde Documentary ici.
02- Princezito – Bakandesa (JS Mix).
03- Sol Bai… Chuva bem est réedité de Vadu’s “Sol Bai” (2007) ici.
04- Hora di bem contient, un element de Bulimundo’s “hora di bem” (1980), également un sample de
Frederic Galliano feat. Pinta Tirrù “Wa Ya Ya” (2006) et de IdeallyILCA video, dispo ici.
05- Hey contains element of Sara Tavares’s “Poka terra” feat Melo D (2005).
06- Azul contains element of Princezito’s “Batuko azul” (2008).
08- Cesaria contient un element de Cesaria Evora’s “Dor di Sodade” (2012) et de Ali Sandler’s Cape Verde docu, ici.
09- Funky batuku contains element of M Tambarina Nha Marido, dispo ici.